J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
mercredi 11 décembre 2013
Bonjour à tous ! J’avais très envie
d’aller voir deux expositions qui sont dans des galeries très proches
géographiquement : celle d’Emmanuel Perrotin où sont exposés notamment ces
jours des travaux de Sophie Calle que j’adore pour son travail sur la
narration, et la galerie LJ où je voulais découvrir l’œuvre de Swoon. Chose
dite chose faite : ce soir à la nuit tombée je me suis rendue dans le
quartier du Cirque d’Hiver.
J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
jeudi 5 décembre 2013
Jeudi 5 décembre 2013 : il est
23h30. J’apprends la mort de Nelson Mandela devant mon poste de télévision.
L’émotion est très forte. Pourtant, je le savais affaibli. Ses derniers
bulletins de santé n’étaient pas optimistes. Je me remémore sa dernière apparition
publique lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football en
2010 en Afrique du Sud. Assis sur une voiturette, il adressa quelques signes de
la main à la foule. Apparition éclair, pour ne pas fatiguer l’ancien Président.
Pour moi, qui fais partie des jeunes générations nées dans les années 1980,
celui que l’on surnommait Madiba est bien sûr le symbole de la lutte
anti-apartheid, un problème auquel je m’étais intéressé tôt. Je me rappelle
plus particulièrement d’un film vu dans ma jeunesse, une adaptation
cinématographique d’Une saison blanche et sèche, le libre d’André Brink : un
film poignant qui montre le combat acharné d’un homme engagé dans la lutte
anti-apartheid, ce qui lui vaudra la perte de la vie. La lutte de Nelson
Mandela aura été celle de l’arrêt des violences entre communautés dans son
pays, au prix d’un emprisonnement durant vingt-sept ans dans les geôles de
Robben Island. Sorti de prison, en 1994 il est élu président de la République
sud-africaine, juste après avoir obtenu le prix Nobel de la paix avec De Klerk.
C’est une très grande figure qui oeuvrait pour la paix dans le monde qui
disparaît. Je l'érige au Panthéon des grands hommes qui se sont battus pour
l’humanité toute entière, tels que Martin Luther King aux Etats-Unis. Le combat
de ces grandes figures m’inspire : j’admire les gens qui ont des convictions à
contre-courant de la pensée unique et qui les défendent haut et fort au nom
d’idéaux qui servent l’intérêt général. Si la politique est le meilleur levier
à l'action, je crois par ailleurs qu'à une plus petite échelle, l’art (sous
toutes ses formes), parce qu’il est un langage universel qui peut parler à tout
le monde, à tous les peuples pour peu que ceux-ci aient accès à l’information,
transcende les cultures et comme le sport de haut niveau, peut être le messager
de la paix. Il peut être le vecteur de l'idée de l'égalité entre les individus
dans le monde, et renforcer la cohésion sociale. Le photographe Yann
Arthus-Bertrand a présenté il y a quelques années au Grand Palais une
exposition, Six milliards d’autres, présentant un nombre considérable de
courtes vidéos où l’on voyait des personnes narrer leur vie, leurs goûts, leurs
angoisses, et ce aux quatre coins du globe. Parce que les préoccupations de
chacun étaient finalement très similaires, le visiteur se rendait compte que
l’être humain où qu’il soit recherche les mêmes moteurs pour le faire avancer,
peut avoir les mêmes joies et peines. Une autre figure française interpelle mon
sens du militantisme pour les droits de l’Homme : Plantu. Ayant créé une
association Cartooning for Peace, (Dessiner pour la paix) il entend par ce
biais, en l’occurrence la collaboration avec des dessinateurs du monde entier
et de tous bords politiques, éclairer de différents regards les problématiques
du monde d’aujourd’hui, ses conflits, ses différences culturelles et politiques
qui sont évidemment un frein pour l’avancement des civilisations. Mon regard
sur son initiative est plein d'enthousiasme : dessiner, caricaturer avec un
humour décapant est un puissant moyen d’expression pour faire vivre l’idée du
vivre-ensemble et de la tolérance. La mort de Nelson Mandela est une perte
considérable. Son courage, sa détermination, tout ce qu’il a fait pour son
peuple est exceptionnel. Le jeudi 5 décembre 2013 est une date historique pour
l’humanité entière.
dimanche 10 novembre 2013
Depuis le 16 octobre 2013 est présentée
l’exposition 1925 Quand l’Art Déco séduit le monde à la Cité de l’architecture
et du patrimoine. Je me suis rendue place du Trocadéro aujourd’hui pour la
découvrir. Grande amatrice d’Art Nouveau, l’Art Déco m’avait également fascinée
il y a quelques années lorsque je découvrais ses formes sur les bancs des
amphithéâtres universitaires. J’ai le souvenir d’un art ciblé pour une
clientèle fortunée, des images des meubles en galluchat (peau de poisson) de
Jacques-Emile Ruhlmann, de l’évocation de l’atelier de Martine par Paul Poiret
… C’est avec ce lot d’images en mémoire que je suis partie ce matin.
Il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour tomber sous le charme de la présentation faite à Chaillot : l’exposition s’ouvre sur un texte nous situant l’Art Déco et l’Art Nouveau, souvent confondus par les néophytes. Si l’Art Nouveau (1890-1914) naquit en réaction à l’éclectisme décadent du Second Empire, et se caractérisa par une certaine virtuosité et technicité, l’Art Déco quant à lui, lui succéda (1919-1940) et présenta des formes géométriques simples et épurées, plus adaptées aux nouvelles machines et à la vie moderne. Il devint le premier style industrialisé. Pour autant, cette standardisation naissante n’entama pas la qualité des objets d’art dont les formes et les matières d’un raffinement exceptionnel étaient l’œuvre de créateurs oeuvrant à plusieurs mains.
Il faudrait de nombreuses pages pour évoquer même partiellement la richesse de cette exposition sur un plan quantitatif non seulement, car de très nombreuses pièces d’une grande diversité sont montrées, mais aussi sur un plan qualitatif, tant le propos est riche, balayant de nombreux axes de réflexion. J’ai appris énormément de ma visite et j’aimerais partager avec vous le plaisir de l’enrichissement personnel qu’elle m’a procurée.
Quand on songe à « Art Déco », nous rappelle d’emblée la première salle, il faut saisir très vite qu’une notion de travail à plusieurs mains existe. A cette époque en effet, c’est l’ensemble des métiers d’art qui oeuvrent à la création, tels que les architectes, maîtres verriers, ferronniers, fresquistes, sculpteurs. Pour le théâtre des Champs-élysées par exemple, Auguste Perret l’architecte, Antoine Bourdelle le sculpteur, Maurice Denis le peintre travaillèrent de concert. Il faut comprendre que l’Art Déco est une entreprise collégiale, et d’ailleurs naît alors le terme "ensemblier" qui fait son entrée au dictionnaire. Contrairement à l’Art Nouveau par ailleurs, qu’on surnomma le style nouille ou coup de fouet, l’Art Déco emprunte ses motifs à l’Antiquité et aux siècles passés, que les artistes vont épurer jusqu’à les géométriser. Lignes droites, fleurs stylisées, cadres bien déterminés, contrastent avec l’esthétique des lignes courbes de l’Art Nouveau. A partir des années Vingt, la géométrie dominera même l’ensemble du vocabulaire décoratif. Cette influence est sensible non seulement dans les corps de métiers pré-cités mais aussi dans la mode : le tandem Jean Patou-Louis Süe l’illustre parfaitement. Ensemble, ils conçoivent des robes, puis des flacons de parfums, tels que Sagesse, ou Amour-Amour, tous les deux ornés par un bouchon en forme d’ananas stylisé ou encore Joy, aux formes plus géométriques. Ces créations destinées aux femmes nous rappellent que naît dans les années Vingt – correspondant à ce que l’on appelle les Années folles, la femme moderne, à l’instar de Tamara de Lempicka, une artiste atypique qui s’installa dans un atelier construit par Robert Mallet-Stevens 7 rue Méchain dans le 14e arrondissement de Paris qui et fit aménager l’intérieur par sa sœur, Adrienne Gorska. L’avènement de la femme moderne illustre bien l’évolution d’un monde qui change. Celui-ci communique et se transporte de plus en plus vite. L’effort déployé pendant la Seconde Guerre mondiale amène de nouvelles avancées technologiques dans l’aviation et l’automobile, et c’est ainsi que le mouvement et la vitesse vont inspirer les artistes et les architectes. Plus vite mais aussi plus loin avec l’Art Déco ! Influente Afrique est l’une des sections de l’exposition. Si certains s’arrêtèrent à une lecture première des danses de Joséphine Baker, il ne faut pas oublier qu’elle fit connaître sa culture, l’Histoire de l’Afrique en promouvant les expositions du Musée d’ethnographie du Trocadéro, et qu’Al Brown, le boxeur américain, par sa mission de recherche Dakar-Djibouti en 1931 sur les Dogons, joua un rôle dans la création du Musée de l’Homme en 1937. Revenons en France : le style Art Déco contamina tous les secteurs de la vie : il se déclina notamment dans les cinémas, qui devinrent les lieux de spectacle populaires par excellence. Si le Grand Rex et le Gaumont Palace boulevard de Clichy sont deux exemples connus de tous, chaque commune, nous raconte l’exposition, dispose bientôt dans les années de l’entre-deux-guerres d’une salle signalée par une façade Art Déco. L’art du jardin aussi est contaminé par la folie Art Déco, les boutiques également, les casinos, les hôtels, la Poste, les écoles !!! La liste est longue. Le clou du spectacle, si je puis m’exprimer ainsi, est au centre de l’aile du Palais de Chaillot : la section dédiée à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925. On y voit des photographies de très nombreux pavillons qui furent provisoirement installés autour du Grand Palais et sur l’esplanade des Invalides : le pavillon de l’URSS, d’Autriche, de Belgique, ceux des Grands magasins, des grandes manufactures de l’Etat, celui de l’Ambassade française... La fin de l'exposition met l'accent sur le rayonnement international de l’Art Déco : Afrique du Nord, Pays de l’Est de l’Europe, Asie, Amérique du Nord, et du Sud furent conquis par cet art venu de la France. Vous l’aurez compris, j’ai été moi aussi conquise. Par cette exposition qui porte très bien son nom : 1925 Quand l’Art Déco séduit le monde. « Séduit » : vous le serez également par les différents moyens qui ont été déployés par les commissaires pour rendre le propos agréable : entre autres ne ratez pas les extraits d’archives vidéos ponctuant chaque salle (la femme qui fume pour illustrer le thème de son émancipation par exemple) et si vous venez en famille l'espace enfants, où les bambins peuvent dessiner à l’aide de sortes de pochoirs des motifs inspirés de l’Art Déco.
A très bientôt, chère lecteur/ lectrice. L’exposition se poursuit jusqu’au 17 février 2014, vous ne serez pas déçu.
Il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour tomber sous le charme de la présentation faite à Chaillot : l’exposition s’ouvre sur un texte nous situant l’Art Déco et l’Art Nouveau, souvent confondus par les néophytes. Si l’Art Nouveau (1890-1914) naquit en réaction à l’éclectisme décadent du Second Empire, et se caractérisa par une certaine virtuosité et technicité, l’Art Déco quant à lui, lui succéda (1919-1940) et présenta des formes géométriques simples et épurées, plus adaptées aux nouvelles machines et à la vie moderne. Il devint le premier style industrialisé. Pour autant, cette standardisation naissante n’entama pas la qualité des objets d’art dont les formes et les matières d’un raffinement exceptionnel étaient l’œuvre de créateurs oeuvrant à plusieurs mains.
Il faudrait de nombreuses pages pour évoquer même partiellement la richesse de cette exposition sur un plan quantitatif non seulement, car de très nombreuses pièces d’une grande diversité sont montrées, mais aussi sur un plan qualitatif, tant le propos est riche, balayant de nombreux axes de réflexion. J’ai appris énormément de ma visite et j’aimerais partager avec vous le plaisir de l’enrichissement personnel qu’elle m’a procurée.
Quand on songe à « Art Déco », nous rappelle d’emblée la première salle, il faut saisir très vite qu’une notion de travail à plusieurs mains existe. A cette époque en effet, c’est l’ensemble des métiers d’art qui oeuvrent à la création, tels que les architectes, maîtres verriers, ferronniers, fresquistes, sculpteurs. Pour le théâtre des Champs-élysées par exemple, Auguste Perret l’architecte, Antoine Bourdelle le sculpteur, Maurice Denis le peintre travaillèrent de concert. Il faut comprendre que l’Art Déco est une entreprise collégiale, et d’ailleurs naît alors le terme "ensemblier" qui fait son entrée au dictionnaire. Contrairement à l’Art Nouveau par ailleurs, qu’on surnomma le style nouille ou coup de fouet, l’Art Déco emprunte ses motifs à l’Antiquité et aux siècles passés, que les artistes vont épurer jusqu’à les géométriser. Lignes droites, fleurs stylisées, cadres bien déterminés, contrastent avec l’esthétique des lignes courbes de l’Art Nouveau. A partir des années Vingt, la géométrie dominera même l’ensemble du vocabulaire décoratif. Cette influence est sensible non seulement dans les corps de métiers pré-cités mais aussi dans la mode : le tandem Jean Patou-Louis Süe l’illustre parfaitement. Ensemble, ils conçoivent des robes, puis des flacons de parfums, tels que Sagesse, ou Amour-Amour, tous les deux ornés par un bouchon en forme d’ananas stylisé ou encore Joy, aux formes plus géométriques. Ces créations destinées aux femmes nous rappellent que naît dans les années Vingt – correspondant à ce que l’on appelle les Années folles, la femme moderne, à l’instar de Tamara de Lempicka, une artiste atypique qui s’installa dans un atelier construit par Robert Mallet-Stevens 7 rue Méchain dans le 14e arrondissement de Paris qui et fit aménager l’intérieur par sa sœur, Adrienne Gorska. L’avènement de la femme moderne illustre bien l’évolution d’un monde qui change. Celui-ci communique et se transporte de plus en plus vite. L’effort déployé pendant la Seconde Guerre mondiale amène de nouvelles avancées technologiques dans l’aviation et l’automobile, et c’est ainsi que le mouvement et la vitesse vont inspirer les artistes et les architectes. Plus vite mais aussi plus loin avec l’Art Déco ! Influente Afrique est l’une des sections de l’exposition. Si certains s’arrêtèrent à une lecture première des danses de Joséphine Baker, il ne faut pas oublier qu’elle fit connaître sa culture, l’Histoire de l’Afrique en promouvant les expositions du Musée d’ethnographie du Trocadéro, et qu’Al Brown, le boxeur américain, par sa mission de recherche Dakar-Djibouti en 1931 sur les Dogons, joua un rôle dans la création du Musée de l’Homme en 1937. Revenons en France : le style Art Déco contamina tous les secteurs de la vie : il se déclina notamment dans les cinémas, qui devinrent les lieux de spectacle populaires par excellence. Si le Grand Rex et le Gaumont Palace boulevard de Clichy sont deux exemples connus de tous, chaque commune, nous raconte l’exposition, dispose bientôt dans les années de l’entre-deux-guerres d’une salle signalée par une façade Art Déco. L’art du jardin aussi est contaminé par la folie Art Déco, les boutiques également, les casinos, les hôtels, la Poste, les écoles !!! La liste est longue. Le clou du spectacle, si je puis m’exprimer ainsi, est au centre de l’aile du Palais de Chaillot : la section dédiée à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925. On y voit des photographies de très nombreux pavillons qui furent provisoirement installés autour du Grand Palais et sur l’esplanade des Invalides : le pavillon de l’URSS, d’Autriche, de Belgique, ceux des Grands magasins, des grandes manufactures de l’Etat, celui de l’Ambassade française... La fin de l'exposition met l'accent sur le rayonnement international de l’Art Déco : Afrique du Nord, Pays de l’Est de l’Europe, Asie, Amérique du Nord, et du Sud furent conquis par cet art venu de la France. Vous l’aurez compris, j’ai été moi aussi conquise. Par cette exposition qui porte très bien son nom : 1925 Quand l’Art Déco séduit le monde. « Séduit » : vous le serez également par les différents moyens qui ont été déployés par les commissaires pour rendre le propos agréable : entre autres ne ratez pas les extraits d’archives vidéos ponctuant chaque salle (la femme qui fume pour illustrer le thème de son émancipation par exemple) et si vous venez en famille l'espace enfants, où les bambins peuvent dessiner à l’aide de sortes de pochoirs des motifs inspirés de l’Art Déco.
A très bientôt, chère lecteur/ lectrice. L’exposition se poursuit jusqu’au 17 février 2014, vous ne serez pas déçu.
vendredi 25 octobre 2013
Comme annoncé dans mon dernier post, plongeons-nous dans l'univers du scénariste-réalisateur Luc Besson. Il y a deux jours est sorti en salles son dernier film : Malavita.
Malavita, c'est l'histoire d'une famille américaine qui se réfugie dans un petit village de Normandie, Cholong-sur-Are, et qui est placée sous la protection du FBI. En effet, le père, Fred Blake alias Giovanni Manzoni, est un repenti de la mafia new-yorkaise qui veut échapper à des assassins partis à ses trousses. Il prétend auprès de son nouveau voisinage être venu dans ce coin perdu de la France pour écrire des livres - et il se prend au jeu car il entreprend ses mémoires! Sa femme et ses deux enfants tentent, comme lui et tant bien que mal, de s'intégrer à la rudesse de la région, à mille lieues de Brooklyn, leur dernier lieu de résidence. Mais très vite, les petites et bonnes vieilles habitudes vont reprendre le dessus ... Vous découvrirez lesquelles en vous rendant au cinoche!
On passe un très bon moment devant Malavita : c'est une comédie certes un peu outrancière qui pourra faire grincer des dents à certains, mais qui de mon côté m'a beaucoup fait rire! Giovanni Manzoni est interprété par le grand Robert de Niro qui nous la joue vieux briscard un brin compulsif - quand le plombier veut l'arnaquer, c'est direct attaché derrière la voiture et traîné sur le bitume que le pauvre homme finit! Les enfants, eux aussi ne font pas dans la dentelle avec les camarades de leur lycée : ils règlent leurs comptes avec leurs gros bras comme Papa et Maman! Tommy Lee Jones joue le protecteur de Manzoni : retrouver De Niro et Jones réunis est un pur régal. Michelle Pfeiffer en nouvelle arrivante américaine, lunettes griffées sur le nez, au pays du camembert : c'est plutôt décalé et savoureux à voir!
.
Malheureusement, on en reste au stade du "bon moment" là où j'avais attendu quelque chose de plus substantiel sur le plan de l'intrigue, et de plus grandiose sur un plan cinématographique. Luc Besson, pour moi, c'est Le Grand Bleu, Léon, Jeanne d'Arc, Nikita, Le Cinquième élément. Le réalisateur n'aurait-il pas perdu un peu de son âme en troquant plus fréquemmement ses dernières années son costume contre un autre, celui de producteur (depuis 1999, il a sa propre société de production, Europacorp) ou de philanthropiste (il a créé la Cité du Cinéma, un pôle cinématographique surnommée Hollywood sur Seine qui a ouvert en 2012). C'est la question que je me suis posée à la sortie du film.
La seule chose qu'aucun(e) ne pourra lui reprocher est de ne pas s'essayer à plusieurs genres et pour cela on ne peut que s'incliner. Malavita, c'est un hommage à Scorcese bien sûr, et ses Affranchis. On retrouve d'ailleurs Manzoni en train de commenter ce film dans Malavita : une sorte de déclaration d'amour sous forme de mise en abîme subtile! Luc Besson est un de ces réalisateurs qui en amateur insatiable du cinéma, s'essaie à tout et l'on attend avec impatience son prochain opus, un film de science-fiction avec Scarlett Johansson dans le rôle principal!
A très bientôt, chers lecteurs et lectrices ...
Malavita, c'est l'histoire d'une famille américaine qui se réfugie dans un petit village de Normandie, Cholong-sur-Are, et qui est placée sous la protection du FBI. En effet, le père, Fred Blake alias Giovanni Manzoni, est un repenti de la mafia new-yorkaise qui veut échapper à des assassins partis à ses trousses. Il prétend auprès de son nouveau voisinage être venu dans ce coin perdu de la France pour écrire des livres - et il se prend au jeu car il entreprend ses mémoires! Sa femme et ses deux enfants tentent, comme lui et tant bien que mal, de s'intégrer à la rudesse de la région, à mille lieues de Brooklyn, leur dernier lieu de résidence. Mais très vite, les petites et bonnes vieilles habitudes vont reprendre le dessus ... Vous découvrirez lesquelles en vous rendant au cinoche!
On passe un très bon moment devant Malavita : c'est une comédie certes un peu outrancière qui pourra faire grincer des dents à certains, mais qui de mon côté m'a beaucoup fait rire! Giovanni Manzoni est interprété par le grand Robert de Niro qui nous la joue vieux briscard un brin compulsif - quand le plombier veut l'arnaquer, c'est direct attaché derrière la voiture et traîné sur le bitume que le pauvre homme finit! Les enfants, eux aussi ne font pas dans la dentelle avec les camarades de leur lycée : ils règlent leurs comptes avec leurs gros bras comme Papa et Maman! Tommy Lee Jones joue le protecteur de Manzoni : retrouver De Niro et Jones réunis est un pur régal. Michelle Pfeiffer en nouvelle arrivante américaine, lunettes griffées sur le nez, au pays du camembert : c'est plutôt décalé et savoureux à voir!
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Malheureusement, on en reste au stade du "bon moment" là où j'avais attendu quelque chose de plus substantiel sur le plan de l'intrigue, et de plus grandiose sur un plan cinématographique. Luc Besson, pour moi, c'est Le Grand Bleu, Léon, Jeanne d'Arc, Nikita, Le Cinquième élément. Le réalisateur n'aurait-il pas perdu un peu de son âme en troquant plus fréquemmement ses dernières années son costume contre un autre, celui de producteur (depuis 1999, il a sa propre société de production, Europacorp) ou de philanthropiste (il a créé la Cité du Cinéma, un pôle cinématographique surnommée Hollywood sur Seine qui a ouvert en 2012). C'est la question que je me suis posée à la sortie du film.
La seule chose qu'aucun(e) ne pourra lui reprocher est de ne pas s'essayer à plusieurs genres et pour cela on ne peut que s'incliner. Malavita, c'est un hommage à Scorcese bien sûr, et ses Affranchis. On retrouve d'ailleurs Manzoni en train de commenter ce film dans Malavita : une sorte de déclaration d'amour sous forme de mise en abîme subtile! Luc Besson est un de ces réalisateurs qui en amateur insatiable du cinéma, s'essaie à tout et l'on attend avec impatience son prochain opus, un film de science-fiction avec Scarlett Johansson dans le rôle principal!
A très bientôt, chers lecteurs et lectrices ...
samedi 19 octobre 2013
Bonjour!
Errare humanum est : comme vous l'aurez constaté, j'ai fait quelques confusions qui méritent d'être éclaircies dans mon post du 18 octobre 2013 : l'artiste autour duquel s'articulait toute l'émission Taratata du jour-même était Patrice, vous l'aurez remarqué, et Ayo l'invitée en duo. Le groupe invité en extension n'était pas les Babyshambles (oulala il faut que je dorme!!!) mais Cats on trees! que j'avais d'ailleurs déjà écouté à la radio sans jamais vraiment mettre un nom dessus. Avis aux amateurs de musique planante et de grands espaces à imaginer quand on écoute : Cats on trees est fait pour vous! Je suis déjà fan de chez fan.
Mon prochain billet sera consacré à un tout autre univers, mais ô combien passionnant : celui de l'un de mes réalisateurs fétiches, Luc Besson. Sortie mercredi 23 octobre de son nouveau film, Malavita.
Errare humanum est : comme vous l'aurez constaté, j'ai fait quelques confusions qui méritent d'être éclaircies dans mon post du 18 octobre 2013 : l'artiste autour duquel s'articulait toute l'émission Taratata du jour-même était Patrice, vous l'aurez remarqué, et Ayo l'invitée en duo. Le groupe invité en extension n'était pas les Babyshambles (oulala il faut que je dorme!!!) mais Cats on trees! que j'avais d'ailleurs déjà écouté à la radio sans jamais vraiment mettre un nom dessus. Avis aux amateurs de musique planante et de grands espaces à imaginer quand on écoute : Cats on trees est fait pour vous! Je suis déjà fan de chez fan.
Mon prochain billet sera consacré à un tout autre univers, mais ô combien passionnant : celui de l'un de mes réalisateurs fétiches, Luc Besson. Sortie mercredi 23 octobre de son nouveau film, Malavita.
vendredi 18 octobre 2013
Restons dans l'univers de la musique : nous sommes le vendredi 18 octobre 2013 et c'est aujourd'hui que l'émission Taratata version 2.0 a débarqué sur internet. Après mon post du 5 juin dernier qui réclamait le retour de l'émission sur le petit écran, de l'eau a coulé sous les ponts. En effet, une belle histoire est née : lorsque Nagui parle sur les ondes et autres médias pour faire survivre son programme, le patron de Ventesprivees.com, Jacques-Antoine Grandjeon l'écoute et il est séduit. Il contacte Nagui. Les deux hommes se rencontrent et décident ensemble de relancer l'émission. Ventesprivees.com, c'est pas moins de deux millions de visiteurs par jour, autant dire un média avec un vrai bassin d'internautes. Du partenariat entre Nagui et Grandjeon germe l'idée d'offrir un access premium gratuit sur mytaratata.com et une rediffusion à la télévision, sur des chaînes telles que TV5 monde ou RTL2 TV. Pour étoffer la palette des possibles, atteindre un nouveau public, une diffusion sur les lignes long courrier d'Air France et les trains iD TGV vient s'adosser au projet.
Un beau projet certes, mais pour quel résultat ? Mon verdict, après visionnage de la toute première émission version web est assez nuancé : la structure de l'émission a beaucoup changé. D'un format long et si je ne m'abuse bi-mensuel, on passe à un programme de trente minutes hebdomadaire. En l'espace d'une demie-heure, il est difficile de nous présenter autant d'artistes qu'auparavant. De cinq artistes ou groupes, l'étau se reserre autour d'une seule figure / groupe. Un artiste interprète deux titres de son nouvel album, un ancien titre plus connu et enchaîne sur un duo avec un autre chanteur (aujourd'hui, c'était Ayo, la figure de proue, Patrice pour le duo). A cet artiste autour duquel tourne l'émission, s'ajoute la présentation d'un autre compositeur plus méconnu, en développement (les Babyshambles par ex le 18 octobre). Je regrette par ailleurs les entretiens de Nagui : bien sûr, l'âme de Taratata est toujours là, c'est-à-dire le live avant tout! Mais découvrir un artiste, ce n'est pas seulement écouter pour la première fois une voix, des arrangements, un style : n'est-ce pas aussi apprendre des choses intéresantes sur son parcours ? D'où vient-il ? Quelles sont ses sources d'inspiration ? Avec quels producteurs travaille-t'il ? Le jeu de questions-réponses permettait de comprendre que la qualité de la musique n'est pas dûe qu'au seul talent : une bonne communication, des rencontres décisives, une ascendance favorable pèsent lourdement sur l'ascension d'un auteur-compositeur-interprète. Si je n'ai pas besoin d'un entretien pour savoir cela, en revanche, à chaque artiste son itinéraire singulier : et c'est là que résidait tout l'intérêt d'un tête-à-tête.
Certes, je suis un peu déçue de la nouvelle formule. Il n'en demeure pas moins qu'une diffusion sur le net comporte des avantages que la télé n'offrait pas. Le web, c'est où je veux, quand je veux! Plus de bâillements devant l'une des mes émissions favorites! Le format peut aussi s'adapter à un visionnage sur ma tablette ou mon smartphone. Je peux également (grâce à un partenariat entre la production de l'émission et Youtube) visionner mon émission de manière saucissonnée si je n'ai pas le temps. Grâce à My Major Company, je peux aussi financer avec une somme plancher de un euro aisément accessible le projet. Et le truc le plus sensationnel est l'oeuvre d'une start-up (Current) : il m'est possible de regarder le montage prévu pour les internautes passifs sur mon écran, mais aussi si je le souhaite, de petites vignettes sont là, me montrant d'autres plans. En cliquant sur elles, je m'improvise réalisatrice de l'émission.
Bilan ? Une nouvelle version low-cost de l'ancienne formule, mais qui a le mérite de toujours être là grâce à des entrepreneurs qui prennent des risques, un présentateur qui a la pêche et des auditeurs peu nombreux oui, mais raides-dingues d'un programme culte : 157000 personnes avaient signé la pétition "Contre l'arrêt de Taratata" à la fin de sa dernière saison et les 5640 places du concert des vingt ans de Taratata (11 octobre 2013) se sont arrachées en quelques instants. L'avenir seul nous dira si le nouveau format rencontrera son public.
Un beau projet certes, mais pour quel résultat ? Mon verdict, après visionnage de la toute première émission version web est assez nuancé : la structure de l'émission a beaucoup changé. D'un format long et si je ne m'abuse bi-mensuel, on passe à un programme de trente minutes hebdomadaire. En l'espace d'une demie-heure, il est difficile de nous présenter autant d'artistes qu'auparavant. De cinq artistes ou groupes, l'étau se reserre autour d'une seule figure / groupe. Un artiste interprète deux titres de son nouvel album, un ancien titre plus connu et enchaîne sur un duo avec un autre chanteur (aujourd'hui, c'était Ayo, la figure de proue, Patrice pour le duo). A cet artiste autour duquel tourne l'émission, s'ajoute la présentation d'un autre compositeur plus méconnu, en développement (les Babyshambles par ex le 18 octobre). Je regrette par ailleurs les entretiens de Nagui : bien sûr, l'âme de Taratata est toujours là, c'est-à-dire le live avant tout! Mais découvrir un artiste, ce n'est pas seulement écouter pour la première fois une voix, des arrangements, un style : n'est-ce pas aussi apprendre des choses intéresantes sur son parcours ? D'où vient-il ? Quelles sont ses sources d'inspiration ? Avec quels producteurs travaille-t'il ? Le jeu de questions-réponses permettait de comprendre que la qualité de la musique n'est pas dûe qu'au seul talent : une bonne communication, des rencontres décisives, une ascendance favorable pèsent lourdement sur l'ascension d'un auteur-compositeur-interprète. Si je n'ai pas besoin d'un entretien pour savoir cela, en revanche, à chaque artiste son itinéraire singulier : et c'est là que résidait tout l'intérêt d'un tête-à-tête.
Certes, je suis un peu déçue de la nouvelle formule. Il n'en demeure pas moins qu'une diffusion sur le net comporte des avantages que la télé n'offrait pas. Le web, c'est où je veux, quand je veux! Plus de bâillements devant l'une des mes émissions favorites! Le format peut aussi s'adapter à un visionnage sur ma tablette ou mon smartphone. Je peux également (grâce à un partenariat entre la production de l'émission et Youtube) visionner mon émission de manière saucissonnée si je n'ai pas le temps. Grâce à My Major Company, je peux aussi financer avec une somme plancher de un euro aisément accessible le projet. Et le truc le plus sensationnel est l'oeuvre d'une start-up (Current) : il m'est possible de regarder le montage prévu pour les internautes passifs sur mon écran, mais aussi si je le souhaite, de petites vignettes sont là, me montrant d'autres plans. En cliquant sur elles, je m'improvise réalisatrice de l'émission.
Bilan ? Une nouvelle version low-cost de l'ancienne formule, mais qui a le mérite de toujours être là grâce à des entrepreneurs qui prennent des risques, un présentateur qui a la pêche et des auditeurs peu nombreux oui, mais raides-dingues d'un programme culte : 157000 personnes avaient signé la pétition "Contre l'arrêt de Taratata" à la fin de sa dernière saison et les 5640 places du concert des vingt ans de Taratata (11 octobre 2013) se sont arrachées en quelques instants. L'avenir seul nous dira si le nouveau format rencontrera son public.
vendredi 4 octobre 2013
Aujourd'hui sur mon blog : place à la musique! J'ai écouté la semaine dernière le deuxième album de Birdy. Birdy ? Oui, c'est le nom de scène de Jasmine Van der Bogaerde.
L'histoire de cette artiste britannique commence dans le comté du Hampshire, dans le Sud de l'Angleterre, où elle naît le 15 mai 1996. A l'âge de sept ans, sa mère, concertiste, lui apprend le piano. C'est durant son enfance que le surnom Birdy lui est donné par ses parents car à l'heure du goûter, la petite fille ouvrait la bouche comme un oiseau ("birdy" en anglais). Précoce, la jeune adolescente qu'elle devient remporte le concours de musique Open Mic UK en 2008. Un an plus tard, elle signe avec la Warner Bros puis enchaîne dans la foulée l'enregistrement de Skinny Love, une reprise de Bon Iver, qui va la hisser au sommet des charts. Son album éponyme sort la même année (2011), proposant d'autres reprises ainsi qu'une chanson écrite par elle-même - Without a word.
Deux ans s'écoulent, durant lesquelles la jeune fille mûrit. Elle apprend la guitare, et s'entoure pour son deuxième album de Jim Abbiss, le producteur de la chanteuse Adèle, des ArticMonkeys et de Ryan Tedder, membre du groupe One Republic. Son album, disponible en France depuis le 23 septembre 2013, est entièrement composé par ses soins. On y retrouve sa "patte" qui nous a tant séduite pour son premier disque : une voix puissante et touchante avec une dose de mélancolie. En revanche, exit le tout piano-voix! Outre la place accordée à la guitare qu'elle maîtrise aujourd'hui avec autant de maestria que le piano, les percussions occupent également une place de choix, notamment sur le titre Light me up, le meilleur de tout l'album à mon goût. Sur un plan parolier, la chanteuse nous livre ses doutes, ses joies... des états d'âme qu'elle sublime par une voix plus rauque et plus chaude que dans le premier album.
Plus pop, plus personnel, Birdy revient avec un deuxième album qui est en fait son premier "bébé" en quelque sorte, puisqu'elle y présente ses compositions originales. Mais comme le talent n'attend pas le nombre des années, chers lecteurs : à vos platines!!!
L'histoire de cette artiste britannique commence dans le comté du Hampshire, dans le Sud de l'Angleterre, où elle naît le 15 mai 1996. A l'âge de sept ans, sa mère, concertiste, lui apprend le piano. C'est durant son enfance que le surnom Birdy lui est donné par ses parents car à l'heure du goûter, la petite fille ouvrait la bouche comme un oiseau ("birdy" en anglais). Précoce, la jeune adolescente qu'elle devient remporte le concours de musique Open Mic UK en 2008. Un an plus tard, elle signe avec la Warner Bros puis enchaîne dans la foulée l'enregistrement de Skinny Love, une reprise de Bon Iver, qui va la hisser au sommet des charts. Son album éponyme sort la même année (2011), proposant d'autres reprises ainsi qu'une chanson écrite par elle-même - Without a word.
Deux ans s'écoulent, durant lesquelles la jeune fille mûrit. Elle apprend la guitare, et s'entoure pour son deuxième album de Jim Abbiss, le producteur de la chanteuse Adèle, des ArticMonkeys et de Ryan Tedder, membre du groupe One Republic. Son album, disponible en France depuis le 23 septembre 2013, est entièrement composé par ses soins. On y retrouve sa "patte" qui nous a tant séduite pour son premier disque : une voix puissante et touchante avec une dose de mélancolie. En revanche, exit le tout piano-voix! Outre la place accordée à la guitare qu'elle maîtrise aujourd'hui avec autant de maestria que le piano, les percussions occupent également une place de choix, notamment sur le titre Light me up, le meilleur de tout l'album à mon goût. Sur un plan parolier, la chanteuse nous livre ses doutes, ses joies... des états d'âme qu'elle sublime par une voix plus rauque et plus chaude que dans le premier album.
Plus pop, plus personnel, Birdy revient avec un deuxième album qui est en fait son premier "bébé" en quelque sorte, puisqu'elle y présente ses compositions originales. Mais comme le talent n'attend pas le nombre des années, chers lecteurs : à vos platines!!!
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