Restons dans l'univers de la musique : nous sommes le vendredi 18 octobre 2013 et c'est aujourd'hui que l'émission Taratata version 2.0 a débarqué sur internet. Après mon post du 5 juin dernier qui réclamait le retour de l'émission sur le petit écran, de l'eau a coulé sous les ponts. En effet, une belle histoire est née : lorsque Nagui parle sur les ondes et autres médias pour faire survivre son programme, le patron de Ventesprivees.com, Jacques-Antoine Grandjeon l'écoute et il est séduit. Il contacte Nagui. Les deux hommes se rencontrent et décident ensemble de relancer l'émission. Ventesprivees.com, c'est pas moins de deux millions de visiteurs par jour, autant dire un média avec un vrai bassin d'internautes. Du partenariat entre Nagui et Grandjeon germe l'idée d'offrir un access premium gratuit sur mytaratata.com et une rediffusion à la télévision, sur des chaînes telles que TV5 monde ou RTL2 TV. Pour étoffer la palette des possibles, atteindre un nouveau public, une diffusion sur les lignes long courrier d'Air France et les trains iD TGV vient s'adosser au projet.
Un beau projet certes, mais pour quel résultat ? Mon verdict, après visionnage de la toute première émission version web est assez nuancé : la structure de l'émission a beaucoup changé. D'un format long et si je ne m'abuse bi-mensuel, on passe à un programme de trente minutes hebdomadaire. En l'espace d'une demie-heure, il est difficile de nous présenter autant d'artistes qu'auparavant. De cinq artistes ou groupes, l'étau se reserre autour d'une seule figure / groupe. Un artiste interprète deux titres de son nouvel album, un ancien titre plus connu et enchaîne sur un duo avec un autre chanteur (aujourd'hui, c'était Ayo, la figure de proue, Patrice pour le duo). A cet artiste autour duquel tourne l'émission, s'ajoute la présentation d'un autre compositeur plus méconnu, en développement (les Babyshambles par ex le 18 octobre). Je regrette par ailleurs les entretiens de Nagui : bien sûr, l'âme de Taratata est toujours là, c'est-à-dire le live avant tout! Mais découvrir un artiste, ce n'est pas seulement écouter pour la première fois une voix, des arrangements, un style : n'est-ce pas aussi apprendre des choses intéresantes sur son parcours ? D'où vient-il ? Quelles sont ses sources d'inspiration ? Avec quels producteurs travaille-t'il ? Le jeu de questions-réponses permettait de comprendre que la qualité de la musique n'est pas dûe qu'au seul talent : une bonne communication, des rencontres décisives, une ascendance favorable pèsent lourdement sur l'ascension d'un auteur-compositeur-interprète. Si je n'ai pas besoin d'un entretien pour savoir cela, en revanche, à chaque artiste son itinéraire singulier : et c'est là que résidait tout l'intérêt d'un tête-à-tête.
Certes, je suis un peu déçue de la nouvelle formule. Il n'en demeure pas moins qu'une diffusion sur le net comporte des avantages que la télé n'offrait pas. Le web, c'est où je veux, quand je veux! Plus de bâillements devant l'une des mes émissions favorites! Le format peut aussi s'adapter à un visionnage sur ma tablette ou mon smartphone. Je peux également (grâce à un partenariat entre la production de l'émission et Youtube) visionner mon émission de manière saucissonnée si je n'ai pas le temps. Grâce à My Major Company, je peux aussi financer avec une somme plancher de un euro aisément accessible le projet. Et le truc le plus sensationnel est l'oeuvre d'une start-up (Current) : il m'est possible de regarder le montage prévu pour les internautes passifs sur mon écran, mais aussi si je le souhaite, de petites vignettes sont là, me montrant d'autres plans. En cliquant sur elles, je m'improvise réalisatrice de l'émission.
Bilan ? Une nouvelle version low-cost de l'ancienne formule, mais qui a le mérite de toujours être là grâce à des entrepreneurs qui prennent des risques, un présentateur qui a la pêche et des auditeurs peu nombreux oui, mais raides-dingues d'un programme culte : 157000 personnes avaient signé la pétition "Contre l'arrêt de Taratata" à la fin de sa dernière saison et les 5640 places du concert des vingt ans de Taratata (11 octobre 2013) se sont arrachées en quelques instants. L'avenir seul nous dira si le nouveau format rencontrera son public.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire