mercredi 4 mars 2015

Bonjour ! Aujourd’hui je suis avec vous pour vous parler de ce que j’ai pu voir dans les salles obscures, et plus particulièrement pour vous relater de mes impressions sur le film qui m’a le plus marquée depuis le début de l’année 2015 : Imitation game. Réalisé par un cinéaste norvégien, du nom de Morten Tildum, interprété entre autres par les acteurs Benedict Cumberbach et Keira Knightley, il revient sur la vie d’Alan Turing, le mathématicien grâce auquel je peux vous écrire, puisqu’on lui doit d’avoir inventé les premières machines capables de résoudre des calculs, même basiques. C’est un homme fascinant dont on savait peu de choses sur sa vie jusqu’à présent, si ce n’est son travail collaboratif avec l’armée sur des projets secrets, ses mœurs privés, et son fameux « test de Turing » permettant de savoir si l’on communique à une intelligence artificielle. Le film est très intéressant car il nous apprend beaucoup de choses sur ce personnage méconnu : sa carrière professionnelle, comment il est parvenu à une telle carrière, son homosexualité pour laquelle il fut condamné et contraint de suivre un traitement de castration chimique... Le récit se concentre pourtant sur un aspect plus pointu, c’est-à-dire le récit de l’extraordinaire histoire de la création d’une machine censée décoder les messages encodés par les Allemands à l’aide d’une autre machine répondant au nom d’Enigma. Constituée d’une série de pistons avec des lettres à leur extrémité, elle fait l’objet de toutes les recherches de Turing et de ses collègues, jusqu’à une montée de tension formidablement mise en scène, le fameux Eureka qui s’opère au détour d’une discussion banale dans un café. Turing et son équipe se précipitent alors dans leur salle de recherches. Les bobines sous leur action se mettent à tourner bruyamment et frénétiquement avant de s’arrêter brutalement. Si l’histoire se concentre principalement dans le lieu de recherches de Turing et de ses camarades, elle n’en est pas moins intéressante sur le plan de la reconstitution historique. En effet, de nombreuses images de guerre, qui ne sont pas des séquences de guerre à proprement parler mais des scènes d’après-guerre (bombardements de civils à Londres, femmes hommes et enfants se réfugiant dans le métropolitain) situent l’histoire et permet au spectateur d’être pleinement investi dans le récit du film. Quelques morceaux d’archives originales sont montrées. Ainsi, cette contextualisation de la recherche des personnages principaux permet de faire planer une menace sur les personnages telle une épée de Damoclès, et de ne pas tomber dans le piège du récit d’une quête scientifique qui se déroule hors du temps. Les personnages par ailleurs ont une personnalité dont les caractéristiques sont très bien développées. Alan Turing, malgré son asociabilité et son comportement étrange, est attachant. Le personnage féminin interprété par Keira Kneightley lui aussi est bien cerné sur un plan psychologique. Les camarades de Turing ne sont pas en reste. Turing est en effet entouré de quatre camarades, dont l’un fait toutefois plus office de figuration, alors qu’un autre sera l’objet de la révélation d’un secret dont les ressorts sont judicieusement mis en place dès le début du film. La construction du film est justement très astucieuse. Le film commence dans les années cinquante, lors d’un interrogatoire de Turing après-guerre, puis en flashback on revient ensuite quelques années en arrière lors du recrutement de celui-ci dans l’armée. Contrairement à beaucoup de films le retour à la scène de départ ne se fait pas à la fin du film, mais à mi-chemin. Au moment où l’on y revient, sont déjà enclenchés les deux grands axes, ou timelines, qui permettent de comprendre cette scène, à savoir l’enfance de Turing et sa recherche, en d’autres termes qui est-il, et ce qu’il fait. Encore plus maligne est la fin du film qui va bien au-delà sur un plan strictement chronologique que l’interrogatoire de Turing… Imitation game est un film juste, intelligent, fort, qui ne se complaît pas toutefois dans ce côté intelligent car les dialogues sont accessibles.

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