Restons dans l'univers de la musique : nous sommes le vendredi 18 octobre 2013 et c'est aujourd'hui que l'émission Taratata version 2.0 a débarqué sur internet. Après mon post du 5 juin dernier qui réclamait le retour de l'émission sur le petit écran, de l'eau a coulé sous les ponts. En effet, une belle histoire est née : lorsque Nagui parle sur les ondes et autres médias pour faire survivre son programme, le patron de Ventesprivees.com, Jacques-Antoine Grandjeon l'écoute et il est séduit. Il contacte Nagui. Les deux hommes se rencontrent et décident ensemble de relancer l'émission. Ventesprivees.com, c'est pas moins de deux millions de visiteurs par jour, autant dire un média avec un vrai bassin d'internautes. Du partenariat entre Nagui et Grandjeon germe l'idée d'offrir un access premium gratuit sur mytaratata.com et une rediffusion à la télévision, sur des chaînes telles que TV5 monde ou RTL2 TV. Pour étoffer la palette des possibles, atteindre un nouveau public, une diffusion sur les lignes long courrier d'Air France et les trains iD TGV vient s'adosser au projet.
Un beau projet certes, mais pour quel résultat ? Mon verdict, après visionnage de la toute première émission version web est assez nuancé : la structure de l'émission a beaucoup changé. D'un format long et si je ne m'abuse bi-mensuel, on passe à un programme de trente minutes hebdomadaire. En l'espace d'une demie-heure, il est difficile de nous présenter autant d'artistes qu'auparavant. De cinq artistes ou groupes, l'étau se reserre autour d'une seule figure / groupe. Un artiste interprète deux titres de son nouvel album, un ancien titre plus connu et enchaîne sur un duo avec un autre chanteur (aujourd'hui, c'était Ayo, la figure de proue, Patrice pour le duo). A cet artiste autour duquel tourne l'émission, s'ajoute la présentation d'un autre compositeur plus méconnu, en développement (les Babyshambles par ex le 18 octobre). Je regrette par ailleurs les entretiens de Nagui : bien sûr, l'âme de Taratata est toujours là, c'est-à-dire le live avant tout! Mais découvrir un artiste, ce n'est pas seulement écouter pour la première fois une voix, des arrangements, un style : n'est-ce pas aussi apprendre des choses intéresantes sur son parcours ? D'où vient-il ? Quelles sont ses sources d'inspiration ? Avec quels producteurs travaille-t'il ? Le jeu de questions-réponses permettait de comprendre que la qualité de la musique n'est pas dûe qu'au seul talent : une bonne communication, des rencontres décisives, une ascendance favorable pèsent lourdement sur l'ascension d'un auteur-compositeur-interprète. Si je n'ai pas besoin d'un entretien pour savoir cela, en revanche, à chaque artiste son itinéraire singulier : et c'est là que résidait tout l'intérêt d'un tête-à-tête.
Certes, je suis un peu déçue de la nouvelle formule. Il n'en demeure pas moins qu'une diffusion sur le net comporte des avantages que la télé n'offrait pas. Le web, c'est où je veux, quand je veux! Plus de bâillements devant l'une des mes émissions favorites! Le format peut aussi s'adapter à un visionnage sur ma tablette ou mon smartphone. Je peux également (grâce à un partenariat entre la production de l'émission et Youtube) visionner mon émission de manière saucissonnée si je n'ai pas le temps. Grâce à My Major Company, je peux aussi financer avec une somme plancher de un euro aisément accessible le projet. Et le truc le plus sensationnel est l'oeuvre d'une start-up (Current) : il m'est possible de regarder le montage prévu pour les internautes passifs sur mon écran, mais aussi si je le souhaite, de petites vignettes sont là, me montrant d'autres plans. En cliquant sur elles, je m'improvise réalisatrice de l'émission.
Bilan ? Une nouvelle version low-cost de l'ancienne formule, mais qui a le mérite de toujours être là grâce à des entrepreneurs qui prennent des risques, un présentateur qui a la pêche et des auditeurs peu nombreux oui, mais raides-dingues d'un programme culte : 157000 personnes avaient signé la pétition "Contre l'arrêt de Taratata" à la fin de sa dernière saison et les 5640 places du concert des vingt ans de Taratata (11 octobre 2013) se sont arrachées en quelques instants. L'avenir seul nous dira si le nouveau format rencontrera son public.
vendredi 18 octobre 2013
vendredi 4 octobre 2013
Aujourd'hui sur mon blog : place à la musique! J'ai écouté la semaine dernière le deuxième album de Birdy. Birdy ? Oui, c'est le nom de scène de Jasmine Van der Bogaerde.
L'histoire de cette artiste britannique commence dans le comté du Hampshire, dans le Sud de l'Angleterre, où elle naît le 15 mai 1996. A l'âge de sept ans, sa mère, concertiste, lui apprend le piano. C'est durant son enfance que le surnom Birdy lui est donné par ses parents car à l'heure du goûter, la petite fille ouvrait la bouche comme un oiseau ("birdy" en anglais). Précoce, la jeune adolescente qu'elle devient remporte le concours de musique Open Mic UK en 2008. Un an plus tard, elle signe avec la Warner Bros puis enchaîne dans la foulée l'enregistrement de Skinny Love, une reprise de Bon Iver, qui va la hisser au sommet des charts. Son album éponyme sort la même année (2011), proposant d'autres reprises ainsi qu'une chanson écrite par elle-même - Without a word.
Deux ans s'écoulent, durant lesquelles la jeune fille mûrit. Elle apprend la guitare, et s'entoure pour son deuxième album de Jim Abbiss, le producteur de la chanteuse Adèle, des ArticMonkeys et de Ryan Tedder, membre du groupe One Republic. Son album, disponible en France depuis le 23 septembre 2013, est entièrement composé par ses soins. On y retrouve sa "patte" qui nous a tant séduite pour son premier disque : une voix puissante et touchante avec une dose de mélancolie. En revanche, exit le tout piano-voix! Outre la place accordée à la guitare qu'elle maîtrise aujourd'hui avec autant de maestria que le piano, les percussions occupent également une place de choix, notamment sur le titre Light me up, le meilleur de tout l'album à mon goût. Sur un plan parolier, la chanteuse nous livre ses doutes, ses joies... des états d'âme qu'elle sublime par une voix plus rauque et plus chaude que dans le premier album.
Plus pop, plus personnel, Birdy revient avec un deuxième album qui est en fait son premier "bébé" en quelque sorte, puisqu'elle y présente ses compositions originales. Mais comme le talent n'attend pas le nombre des années, chers lecteurs : à vos platines!!!
L'histoire de cette artiste britannique commence dans le comté du Hampshire, dans le Sud de l'Angleterre, où elle naît le 15 mai 1996. A l'âge de sept ans, sa mère, concertiste, lui apprend le piano. C'est durant son enfance que le surnom Birdy lui est donné par ses parents car à l'heure du goûter, la petite fille ouvrait la bouche comme un oiseau ("birdy" en anglais). Précoce, la jeune adolescente qu'elle devient remporte le concours de musique Open Mic UK en 2008. Un an plus tard, elle signe avec la Warner Bros puis enchaîne dans la foulée l'enregistrement de Skinny Love, une reprise de Bon Iver, qui va la hisser au sommet des charts. Son album éponyme sort la même année (2011), proposant d'autres reprises ainsi qu'une chanson écrite par elle-même - Without a word.
Deux ans s'écoulent, durant lesquelles la jeune fille mûrit. Elle apprend la guitare, et s'entoure pour son deuxième album de Jim Abbiss, le producteur de la chanteuse Adèle, des ArticMonkeys et de Ryan Tedder, membre du groupe One Republic. Son album, disponible en France depuis le 23 septembre 2013, est entièrement composé par ses soins. On y retrouve sa "patte" qui nous a tant séduite pour son premier disque : une voix puissante et touchante avec une dose de mélancolie. En revanche, exit le tout piano-voix! Outre la place accordée à la guitare qu'elle maîtrise aujourd'hui avec autant de maestria que le piano, les percussions occupent également une place de choix, notamment sur le titre Light me up, le meilleur de tout l'album à mon goût. Sur un plan parolier, la chanteuse nous livre ses doutes, ses joies... des états d'âme qu'elle sublime par une voix plus rauque et plus chaude que dans le premier album.
Plus pop, plus personnel, Birdy revient avec un deuxième album qui est en fait son premier "bébé" en quelque sorte, puisqu'elle y présente ses compositions originales. Mais comme le talent n'attend pas le nombre des années, chers lecteurs : à vos platines!!!
vendredi 27 septembre 2013
A un mois tout pile avant sa fermeture,
j’ai visité l’exposition Ron Mueck à
la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Première rencontre, premier
contact avec l’œuvre du sculpteur australien, première observation émue de ses
sculptures géantes.
Et que dire des poils pubiens de la star de l’exposition. Vous savez ? Mais si ! La figure féminine nue soulevant un fagot : celle de l’affiche de communication placardée dans les rues de Paris, visible sur les autobus ou les couloirs de métro ? Beaucoup plus petite que ce que je pouvais imaginer, cette sculpture intitulée Woman with sticks est émouvante. J’ai éprouvé beaucoup de tendresse à la regarder : fermement campée sur ses deux tout petits pieds, elle parvient à tenir des branches dans ses bras. Sa posture – dos courbé sous l’effort – contraste avec le caractère hiératique de l’œuvre précédente. Là encore, Ron Mueck n’épargne rien aux personnages qu’il nous donne à voir : cellulite, cheveux blancs épars près des oreilles, rides d’expression marquées.
Woman with shopping a moins interpellé mon sens de l’observation. Une mère vêtue d’un manteau hivernal porte son bébé contre sa poitrine, tandis que deux sacs en plastique remplis de courses équilibrent sa position. A l’intérieur des sacs : des conserves de sauce tomate Heinz, des paquets de céréales Weetabix, de la lotion antiseptique, des oranges … Ici le rapprochement avec l’œuvre du sculpteur américain Duane Hanson est tentant. On songe notamment à sa Femme au caddie (Supermarket lady, 1969, Aix-la-Chapelle, musée d’art contemporain Ludwig). Mais c’est moins la société de consommation qui est désignée ici que la vision d'une banale scène de rue.
Ron Mueck donne vie à ses modèles de manière irrésistiblement crédible. Si ses sources visuelles puisent à la fois au naturalisme académique, au pop art et à l’hyperréalisme, il singularise sa production en jouant sur des changements d’échelle surprenants et surtout, en rendant ses œuvres réalistes à l’excès. Pour arriver à un tel résultat, la clef de voûte du travail de l’artiste est la patience.
Un film de Gautier Deblonde (Still life : Ron Mueck at work), photographe français, nous montre Ron Mueck dans l’intimité de son atelier londonien. Il apporte une contribution essentielle aux œuvres exposées et clôt le parcours du spectateur. C’est en effet grâce à ce film que l’on prend la mesure de la tâche à accomplir pour réaliser un dessein tel que Couple under an umbrella. De petits modèles à échelle réduite aident l’artiste à imaginer à grande échelle le projet. Il regarde sa main pour façonner celle de sa sculpture, en l’occurrence ici le personnage masculin. La structure interne des personnages nous est révélée, ainsi que d’autres détails aussi troublants que la préparation des yeux. Il faut aussi couper les poils à la bonne longueur !
J’ai été fascinée par l’obsession du vrai qui sous-tend le travail de Ron Mueck. L’occasion de voir ses œuvres est très rare, le temps étant un élément privilégié du sculpteur. Son exposition à la Fondation Cartier est exceptionnelle. Il faut absolument, chers lecteurs, saisir l’occasion jusqu’au 27 octobre 2013 : le clap de fin après une prolongation d’un mois.
Le parcours de l’exposition commence par
un choc esthétique : Couple under an
umbrella. Un couple de personnes âgées trône au milieu d’une grande pièce,
visible depuis le boulevard Raspail. On les imagine à la plage en raison du
parasol qui les protège d’un hypothétique soleil. Ce qui frappe d’entrée de jeu
est la taille monumentale des personnages. Au choix de l’échelle s’ajoute le trouble dû au rendu réaliste de ces deux
corps humains. Chair dorsale qui s’affaisse sous le poids de l’âge, cors aux
pieds, ongles longs, cheveux gris, poils, veines : Ron Mueck a réussi le
tour de force de nous faire croire à la vie à travers la reconstitution de ces
chairs vieillissantes.
Et que dire des poils pubiens de la star de l’exposition. Vous savez ? Mais si ! La figure féminine nue soulevant un fagot : celle de l’affiche de communication placardée dans les rues de Paris, visible sur les autobus ou les couloirs de métro ? Beaucoup plus petite que ce que je pouvais imaginer, cette sculpture intitulée Woman with sticks est émouvante. J’ai éprouvé beaucoup de tendresse à la regarder : fermement campée sur ses deux tout petits pieds, elle parvient à tenir des branches dans ses bras. Sa posture – dos courbé sous l’effort – contraste avec le caractère hiératique de l’œuvre précédente. Là encore, Ron Mueck n’épargne rien aux personnages qu’il nous donne à voir : cellulite, cheveux blancs épars près des oreilles, rides d’expression marquées.
Woman with shopping a moins interpellé mon sens de l’observation. Une mère vêtue d’un manteau hivernal porte son bébé contre sa poitrine, tandis que deux sacs en plastique remplis de courses équilibrent sa position. A l’intérieur des sacs : des conserves de sauce tomate Heinz, des paquets de céréales Weetabix, de la lotion antiseptique, des oranges … Ici le rapprochement avec l’œuvre du sculpteur américain Duane Hanson est tentant. On songe notamment à sa Femme au caddie (Supermarket lady, 1969, Aix-la-Chapelle, musée d’art contemporain Ludwig). Mais c’est moins la société de consommation qui est désignée ici que la vision d'une banale scène de rue.
Ron Mueck donne vie à ses modèles de manière irrésistiblement crédible. Si ses sources visuelles puisent à la fois au naturalisme académique, au pop art et à l’hyperréalisme, il singularise sa production en jouant sur des changements d’échelle surprenants et surtout, en rendant ses œuvres réalistes à l’excès. Pour arriver à un tel résultat, la clef de voûte du travail de l’artiste est la patience.
Un film de Gautier Deblonde (Still life : Ron Mueck at work), photographe français, nous montre Ron Mueck dans l’intimité de son atelier londonien. Il apporte une contribution essentielle aux œuvres exposées et clôt le parcours du spectateur. C’est en effet grâce à ce film que l’on prend la mesure de la tâche à accomplir pour réaliser un dessein tel que Couple under an umbrella. De petits modèles à échelle réduite aident l’artiste à imaginer à grande échelle le projet. Il regarde sa main pour façonner celle de sa sculpture, en l’occurrence ici le personnage masculin. La structure interne des personnages nous est révélée, ainsi que d’autres détails aussi troublants que la préparation des yeux. Il faut aussi couper les poils à la bonne longueur !
J’ai été fascinée par l’obsession du vrai qui sous-tend le travail de Ron Mueck. L’occasion de voir ses œuvres est très rare, le temps étant un élément privilégié du sculpteur. Son exposition à la Fondation Cartier est exceptionnelle. Il faut absolument, chers lecteurs, saisir l’occasion jusqu’au 27 octobre 2013 : le clap de fin après une prolongation d’un mois.
vendredi 20 septembre 2013
L’automne est d’après moi la période la plus
agréable pour apprécier les événements culturels : nombreux à Paris, le
curieux / la curieuse se régale. Après mon post sur l’exposition en cours au
musée Jacquemart-André, je souhaite vous faire partager un très bon moment passé
au Théâtre des Mathurins. Depuis le 30 août 2013, la pièce Moi, Caravage (en ce qui me concerne, je l’ai vue le 13 septembre) y
est jouée. Celle-ci n’est pas nouvelle. Son histoire commence en 2010, au
Festival d’Avignon, où elle connaît un beau succès auprès de la presse et du
public, puis se poursuit en Italie, dans des instituts culturels où elle est
représentée. Rien d’étonnant à cela, car l’auteur, Cesare Capitani, est
italien. Surprise : c’est aussi l’acteur de la pièce, accompagné par
Laetitia Favart qui lui donne de temps à autre la réplique. Diplômé de l’Ecole
du Piccolo Teatro de Milan, metteur en scène, et accessoirement auteur de
nouvelles – la qualité de l’écriture de la pièce n’y est par pour rien ! –
son talent transpire sur scène.
Cesare Capitani est le Caravage ! Le rideau s’ouvre
sur une scène obscure. S’avance sur les planches une femme, tenant une bougie
dans sa main. Apparaît brusquement sous les feux des projecteurs le visage
émacié de Michelangelo Merisi. Ses premiers mots pourraient être ceux du peintre
nous parlant de l’au-delà : « Mon corps, on ne l’a jamais retrouvé. Brûlé
sur la plage ? Jeté dans la mer ? Oublié comme un chien ? Un
autre, à ma place, se lamenterait. Moi, je m’estime fortuné : ni tombeau,
ni dalle funéraire. Pas de commémorations pour moi. Ce serait hypocrite, après
avoir été persécuté de mon vivant ! On ne peut pas mettre sens dessus
dessous la peinture et vouloir mourir comme le Titien à quatre-vingt-six ans,
couvert de lauriers et riche à millions ! Non ! De mon existence j’ai
fait un précipice, une course à l’abîme. Mon nom : Michelangelo Merisi »
(extrait de la pièce, publiée aux éditions Naïve, Paris, 2012). La pièce se poursuit
sous la forme d’une confession palpitante de l’artiste maudit. La vie de l’artiste
nous est contée : Michelangelo Merisi naît le 29 septembre 1571 à
Caravage, petit bourg de Lombardie. Sa mère, Lucia Aratori, est la seconde
épouse de son père Fermo, décorateur en chef de Francesco Sforza, marquis de
Caravage. A 13 ans, Michelangelo se rend à Milan, capital du duché, pour entrer
en qualité d’apprenti dans l’atelier de Simone Peterzano, peintre réputé. Puis
c’est le départ pour Rome, en 1598, où il peint ses premières œuvres, fortement
influencées par le naturalisme lombard. Dans la capitale italienne, son art s’épanouit.
Il veut montrer la réalité de façon triviale, avec un érotisme et une cruauté
jamais vus. Pour représenter des personnages religieux, il choisit des modèles
issus du peuple, prostituées et voyous. Son style s’affirme : en
développant la technique du clair-obscur il met sens dessus dessous la
peinture. Ses tableaux son considérés comme scandaleux et provocateurs par la
majorité de ses commanditaires religieux. Pourtant, il recevra l’appui du
puissant cardinal Francesco Maria Del Monte et deviendra le peintre officiel de
l’Eglise. La carrière du Caravage – ainsi se nomme-t’il, atteint un point d’acmé,
avant un lent déclin, car l’artiste manie aussi bien le pinceau que le
poignard. En mai 1606, il tue un certain Ranuccio Tommasoni. Condamné à mort,
il s’enfuit et erre entre Naples, Malte et la Sicile. Ses protecteurs essaient
de convaincre le Pape Paul V de lui accorder la grâce. Peine perdue. Le 18
juillet 1610, Michelangelo Merisi meurt sur une plage déserte, dans des
circonstances sybillines. Quelques jours auparavant, le Pape avait apposé son
sceau sur l’arrêt de grâce qui aurait permis au Caravage de rentrer à Rome en
homme libre.
A travers la vie romanesque du Caravage racontée par
l’acteur Cesare Capitani, se profile la personnalité du peintre : c’est un
rebelle. Tout comme son œuvre, son mode de vie est une provocation constante,
un affront à la morale. Il aime les femmes et les hommes, enchaîne les démêlés
avec la justice…
L’œuvre puissant du créateur défile aussi sous nos
yeux : entre autres Corbeille de
fruits, Garçon mordu par un lézard, Petit Bacchus malade, Les Tricheurs, La
Diseuse de bonne aventure, Tête de méduse, Joueur de luth, La Vocation de Saint
Matthieu, La Mort de la Vierge, David tenant la tête de Goliath. Ce dernier
tableau fait l’objet d’une reconstitution pour la scène finale de la pièce :
Laetitia Favart saisit les cheveux de Cesare Capitani, dont le visage est
puissamment éclairé d’une lumière crue jusqu’au menton, le cou et le reste de
son corps demeurant dans le noir. Comme Cesare Capitani est Le Caravage, la scène finale est le tableau David tenant
la tête de Goliath.
Cette pièce est un très bel exemple d’une adaptation
théâtrale d’une vie d’artiste. Peu s’y essaient. Le résultat est réussi.
Lecteurs amoureux des arts, vous avez jusqu’au 5
janvier 2014 pour déguster le menu ! Représentations du mardi au samedi à
19h, le dimanche à 15h30.
A bientôt !
Bonjour! En ce vendredi 13, je fais ma rentrée sur mon blog.
Pour bien commencer l'année, j'ai visité l'exposition qui a ouvert ses portes aujourd'hui au musée Jacquemart-André : Désirs et voluptés à l'époque victorienne. Au départ, nulle connaissance solide avant de partir errer dans les salles obscures du 158 boulevard Haussmann. Ce fut donc une très agréable découverte.
Le propos de l'exposition est celui--ci : nous sommes sous le règne de la Reine Victoria (1837-1901) en Grande-Bretagne. Le pays connaît alors des changements économiques et sociaux : il se modernise et s'affirme comme la première puissance mondiale. Cependant, le modèle d'une société patriarcale et puritaine demeure ancré dans les moeurs britanniques. Aux hommes les privilèges, aux femmes une situation de subordination à leurs époux. Ces dernières dévoilent d'ailleurs peu de leurs corps, engoncé dans de lourds jupons et de larges crinolines. Elles trouvent alors dans les arts une source d'évasion, les plaisirs d'un monde imaginaire. A cette époque, les "ténors" de la peinture anglaise expriment une sensibilité à l'opposé de la dureté de la révolution économique et sociale. Ils se nomment Dante Gabriel Rossetti (1828-1868), membre fondateur de la Société pré-raphaélite, exprimant une grande liberté et une originalité dans la représentation de la beauté féminine, à l'instar de la Venus Verticordia (1867-1868, pastel sur papier), inspirée par la peinture vénitienne, une oeuvre traduisant une beauté naturelle et sensuelle ; Sir Edward Burne-Jones (1833-1898), qui se distingue par son talent de dessinateur. Soutenu par Rossetti, son art connaîtra le succès en Angleterre, puis dans toute l'Europe et aux Etats-Unis ; Sir Lawrence Alma-Tadema -1836-1912), un artiste d'origine néerlandaise, membre royal de l'Académie. Puisant son inspiration dans l'Antiquité (il fit plusieurs voyages en Italie), ses scènes historiques se déroulent dans de somptueux décors ; Frédéric Lord Leighton (1830-1896), président de la Royal Academy, formé en Allemagne, en Italie et en France, à Paris. Son oeuvre est dominé par les grands thèmes classiques comme l'illustre si bien sa représentation de l'héroïne antique Antigone (1882, huile sur toile) ou ses Jeunes filles grecques ramassant des galets au bord de la mer (1871, huile sur toile) ; John Waterhouse (1849-1917), plus jeune que F.L. Leighton, également membre de la Royal Academy, adepte du thème de la femme fatale, un sujet fréquent dans la littérature du Royaume-Uni (depuis les légendes britanniques jusqu'à Shakespeare) qui inspire le peintre à partir des années 1880. On l'aura compris : cette exposition au musée Jacquemart-André est une ode à la femme. Tour à tour personnage historique, canon d'inspiration classique, muse et modèle, femme aux passions obscures, figure amoureuse (notamment chez Millais, un autre peintre présent dans le parcours), la femme s'offre au regard du spectateur : son corps souple et grâcile, suggéré par des voiles diaphanes recouvrant à peine leur peau claire, est à mille lieues du cadre rigide imposé sous le règne victorien. Les palais lointains dans lesquels ces figures prennent place symbolisent un ailleurs fantasmé, au parfum de Grèce et d'Orient.
Voilà pour le fonds. La forme, quant à elle, ne démérite pas. Les oeuvres proviennent de la collection privée de Juan Antonio Simon Perez, un important homme d'affaires mexicain d'origine espagnole né en 1941 en Asturies. Depuis les années 1970, il réunit une collection de peintures, sculptures, dessins, gravures. Des objets d'art décoratif et une bibliothèque complète le tout. La majeure partie de sa collection est constituée d'oeuvres peintes de l'époque victorienne : celles montrées à Jacquemart-André. Réparties dans huit salles thématiques (Désirs d'antique ; Beautés classiques ; Burne-Jones, muses et modèles ; Femmes fatales ; Héroïnes amoureuses ; L'harmonie rêvée ; La volupté du nu ; Le culte de la beauté), on louera la clarté du parcours. Chaque salle est un microcosme. L'agencement est parfaitement maîtrisé pour la compréhension du visiteur. Les textes de présentation des salles sont à la fois plaisants et pédagogiques. L'éclairage, doux dans l'ensemble et ponctuellement fort (effet "spotlight") met en valeur la technique des artistes présentés, leurs coloris assourdis, et le caractère tantôt soigné tantôt allusif de leur touche. Un seul bémol peut-être à cette exposition : un nombre d'oeuvres certes suffisant pour avoir un large aperçu de la peinture britannique des années 1860 au début de la Première Guerre mondiale, mais on reste tout de même sur notre faim.
Bref, à vous de juger! L'exceptionnelle collection Perez Simon est présentée à Paris jusqu'au 20 janvier 2014 puis partira à Rome, au Chiostro del Bramante (15 février-5 juin 2014) avant de rejoindre les cimaises du musée Thyssen-Bornemisza à Madrid (23 juin-5 octobre 2014). Raison de plus pour ne pas rater ce bel événement automnal.
A très bientôt, chers lectrices et lecteurs!
Lire la suite
Pour bien commencer l'année, j'ai visité l'exposition qui a ouvert ses portes aujourd'hui au musée Jacquemart-André : Désirs et voluptés à l'époque victorienne. Au départ, nulle connaissance solide avant de partir errer dans les salles obscures du 158 boulevard Haussmann. Ce fut donc une très agréable découverte.
Le propos de l'exposition est celui--ci : nous sommes sous le règne de la Reine Victoria (1837-1901) en Grande-Bretagne. Le pays connaît alors des changements économiques et sociaux : il se modernise et s'affirme comme la première puissance mondiale. Cependant, le modèle d'une société patriarcale et puritaine demeure ancré dans les moeurs britanniques. Aux hommes les privilèges, aux femmes une situation de subordination à leurs époux. Ces dernières dévoilent d'ailleurs peu de leurs corps, engoncé dans de lourds jupons et de larges crinolines. Elles trouvent alors dans les arts une source d'évasion, les plaisirs d'un monde imaginaire. A cette époque, les "ténors" de la peinture anglaise expriment une sensibilité à l'opposé de la dureté de la révolution économique et sociale. Ils se nomment Dante Gabriel Rossetti (1828-1868), membre fondateur de la Société pré-raphaélite, exprimant une grande liberté et une originalité dans la représentation de la beauté féminine, à l'instar de la Venus Verticordia (1867-1868, pastel sur papier), inspirée par la peinture vénitienne, une oeuvre traduisant une beauté naturelle et sensuelle ; Sir Edward Burne-Jones (1833-1898), qui se distingue par son talent de dessinateur. Soutenu par Rossetti, son art connaîtra le succès en Angleterre, puis dans toute l'Europe et aux Etats-Unis ; Sir Lawrence Alma-Tadema -1836-1912), un artiste d'origine néerlandaise, membre royal de l'Académie. Puisant son inspiration dans l'Antiquité (il fit plusieurs voyages en Italie), ses scènes historiques se déroulent dans de somptueux décors ; Frédéric Lord Leighton (1830-1896), président de la Royal Academy, formé en Allemagne, en Italie et en France, à Paris. Son oeuvre est dominé par les grands thèmes classiques comme l'illustre si bien sa représentation de l'héroïne antique Antigone (1882, huile sur toile) ou ses Jeunes filles grecques ramassant des galets au bord de la mer (1871, huile sur toile) ; John Waterhouse (1849-1917), plus jeune que F.L. Leighton, également membre de la Royal Academy, adepte du thème de la femme fatale, un sujet fréquent dans la littérature du Royaume-Uni (depuis les légendes britanniques jusqu'à Shakespeare) qui inspire le peintre à partir des années 1880. On l'aura compris : cette exposition au musée Jacquemart-André est une ode à la femme. Tour à tour personnage historique, canon d'inspiration classique, muse et modèle, femme aux passions obscures, figure amoureuse (notamment chez Millais, un autre peintre présent dans le parcours), la femme s'offre au regard du spectateur : son corps souple et grâcile, suggéré par des voiles diaphanes recouvrant à peine leur peau claire, est à mille lieues du cadre rigide imposé sous le règne victorien. Les palais lointains dans lesquels ces figures prennent place symbolisent un ailleurs fantasmé, au parfum de Grèce et d'Orient.
Voilà pour le fonds. La forme, quant à elle, ne démérite pas. Les oeuvres proviennent de la collection privée de Juan Antonio Simon Perez, un important homme d'affaires mexicain d'origine espagnole né en 1941 en Asturies. Depuis les années 1970, il réunit une collection de peintures, sculptures, dessins, gravures. Des objets d'art décoratif et une bibliothèque complète le tout. La majeure partie de sa collection est constituée d'oeuvres peintes de l'époque victorienne : celles montrées à Jacquemart-André. Réparties dans huit salles thématiques (Désirs d'antique ; Beautés classiques ; Burne-Jones, muses et modèles ; Femmes fatales ; Héroïnes amoureuses ; L'harmonie rêvée ; La volupté du nu ; Le culte de la beauté), on louera la clarté du parcours. Chaque salle est un microcosme. L'agencement est parfaitement maîtrisé pour la compréhension du visiteur. Les textes de présentation des salles sont à la fois plaisants et pédagogiques. L'éclairage, doux dans l'ensemble et ponctuellement fort (effet "spotlight") met en valeur la technique des artistes présentés, leurs coloris assourdis, et le caractère tantôt soigné tantôt allusif de leur touche. Un seul bémol peut-être à cette exposition : un nombre d'oeuvres certes suffisant pour avoir un large aperçu de la peinture britannique des années 1860 au début de la Première Guerre mondiale, mais on reste tout de même sur notre faim.
Bref, à vous de juger! L'exceptionnelle collection Perez Simon est présentée à Paris jusqu'au 20 janvier 2014 puis partira à Rome, au Chiostro del Bramante (15 février-5 juin 2014) avant de rejoindre les cimaises du musée Thyssen-Bornemisza à Madrid (23 juin-5 octobre 2014). Raison de plus pour ne pas rater ce bel événement automnal.
A très bientôt, chers lectrices et lecteurs!
mercredi 5 juin 2013
Chers lecteurs,
L'émission Taratata va disparaître. Ami(e)s avisé(e)s de la culture sans doute êtes-vous au courant. Afin de protester "Contre l'arrêt de Taratata" - ainsi se nomme la pétition lancée il y a quelques jours sur internet, vous pouvez signer sur www.change.org/taratata. Un groupe de soutien a également été créé sur Facebook.
Le programme existe depuis vingt ans. Né sous l'impulsion de Nagui en 1993, il a vu passer les plus grands noms de la musique, des Scorpions qui s'y sont produit une ultime fois en 2012 avant leur gigantesque tournée d'adieux de deux ans autour du globe, aux groupes émergeants comme Elephant, en passant par nos chanteurs français.
La diversité des propositions musicales n'était pas la seule force de l'émission. C'était d'autre part la seule émission sur le service public qui permettait d'écouter des artistes en live. Je serais mal à l'aise pour en citer une seule où ne passent pas des chanteurs en play-back.
Des duos inédits, réunis à l'occasion de chaque numéro du programme, enflammaient le plateau. Le trio Puggy et Willy Moon ont repris "Paint it black" des Stones, il y a un mois. Ils ne se connaissaient pas avant d'effectuer la cover mais Taratata a pu les réunir et nous offrir un instant de pure magie.
La personnalité de Nagui, enfin, faisait beaucoup dans le succès de l'émission : les entretiens étaient toujours l'occasion de décliner toute une palette étoffée de sujets qui permettaient au téléspectateur de prendre connaissance de tel ou tel groupe, chanteur-chanteuse : itinéraire, thèmes, influences, absolument tout était abordé au peigne fin, sans complaisance pour autant de la part de l'animateur qui, fidèle à sa réputation, envoyait parfois de légères piques à ses invités.
L'audience était confidentielle, mais si vous aussi, ressentez le besoin de dire à quel point il est inepte de la part de France Télévisions de supprimer de sa grille un programme d'une si grande et rare qualité : signez la pétition!
A très bientôt,
Culturellement vôtre
L'émission Taratata va disparaître. Ami(e)s avisé(e)s de la culture sans doute êtes-vous au courant. Afin de protester "Contre l'arrêt de Taratata" - ainsi se nomme la pétition lancée il y a quelques jours sur internet, vous pouvez signer sur www.change.org/taratata. Un groupe de soutien a également été créé sur Facebook.
Le programme existe depuis vingt ans. Né sous l'impulsion de Nagui en 1993, il a vu passer les plus grands noms de la musique, des Scorpions qui s'y sont produit une ultime fois en 2012 avant leur gigantesque tournée d'adieux de deux ans autour du globe, aux groupes émergeants comme Elephant, en passant par nos chanteurs français.
La diversité des propositions musicales n'était pas la seule force de l'émission. C'était d'autre part la seule émission sur le service public qui permettait d'écouter des artistes en live. Je serais mal à l'aise pour en citer une seule où ne passent pas des chanteurs en play-back.
Des duos inédits, réunis à l'occasion de chaque numéro du programme, enflammaient le plateau. Le trio Puggy et Willy Moon ont repris "Paint it black" des Stones, il y a un mois. Ils ne se connaissaient pas avant d'effectuer la cover mais Taratata a pu les réunir et nous offrir un instant de pure magie.
La personnalité de Nagui, enfin, faisait beaucoup dans le succès de l'émission : les entretiens étaient toujours l'occasion de décliner toute une palette étoffée de sujets qui permettaient au téléspectateur de prendre connaissance de tel ou tel groupe, chanteur-chanteuse : itinéraire, thèmes, influences, absolument tout était abordé au peigne fin, sans complaisance pour autant de la part de l'animateur qui, fidèle à sa réputation, envoyait parfois de légères piques à ses invités.
L'audience était confidentielle, mais si vous aussi, ressentez le besoin de dire à quel point il est inepte de la part de France Télévisions de supprimer de sa grille un programme d'une si grande et rare qualité : signez la pétition!
A très bientôt,
Culturellement vôtre
mardi 28 mai 2013
Chers lecteurs,
Il y a quelque chose s'en est allé un grand homme, pour qui les jeunes générations cependant s'intéressent peu, hormis peut-être quelque chanteur de slam en mal de succès. Georges Moustaki fait partie de ces rares auteurs-compositeurs-interprètes, trop rares, qui surent apporter à la chanson ce qu'un écrivain peut à l'inverse apporter à un texte : il a capté les rêves et les illusions de son époque, et les a délivrées avec un sens de la subtilité aujourd'hui perdues, oui perdues, dans la chanson française. La musique, elle, était celle d'un chanteur dans la veine de ceux qui savent mieux composer écrire que chanter. A Paris, nous ne sommes ni à Londres, ni à Los Angeles, bénie soit la France malgré tout. A réécouter le métèque, j'ai peine à me remémorer une scène vécue dans le Marais il y a deux-trois ans peut-être : il se promenait, tout doucement, seul, dans la rue, sans doute près de son appartement situé tout en haut d'un immeuble sous les toits, d'où il avait donné une interview télévisée peu de temps auparavant. Il y finissait sa vie, dans les souvenirs d'une vie passée, sûrement plus riche de menues et simples choses que de flonflons.
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai accueillie la nouvelle de sa mort, et irai, comme je l'ai fait pour de nombreux artistes que j'aime, le voir reposer en sa dernière demeure.
Il y a quelque chose s'en est allé un grand homme, pour qui les jeunes générations cependant s'intéressent peu, hormis peut-être quelque chanteur de slam en mal de succès. Georges Moustaki fait partie de ces rares auteurs-compositeurs-interprètes, trop rares, qui surent apporter à la chanson ce qu'un écrivain peut à l'inverse apporter à un texte : il a capté les rêves et les illusions de son époque, et les a délivrées avec un sens de la subtilité aujourd'hui perdues, oui perdues, dans la chanson française. La musique, elle, était celle d'un chanteur dans la veine de ceux qui savent mieux composer écrire que chanter. A Paris, nous ne sommes ni à Londres, ni à Los Angeles, bénie soit la France malgré tout. A réécouter le métèque, j'ai peine à me remémorer une scène vécue dans le Marais il y a deux-trois ans peut-être : il se promenait, tout doucement, seul, dans la rue, sans doute près de son appartement situé tout en haut d'un immeuble sous les toits, d'où il avait donné une interview télévisée peu de temps auparavant. Il y finissait sa vie, dans les souvenirs d'une vie passée, sûrement plus riche de menues et simples choses que de flonflons.
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai accueillie la nouvelle de sa mort, et irai, comme je l'ai fait pour de nombreux artistes que j'aime, le voir reposer en sa dernière demeure.
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