vendredi 17 janvier 2014

Depuis le 16 janvier, Clovis Cornillac joue au Petit Théâtre de Paris La Contrebasse, une pièce adaptée du livre de Patrick Süskind. Je n’aime pas Patrick Süskind. Je n’aime pas Clovis Cornillac. J’aime la musique cependant. Deux contre un. Drôle d’envie d’aller voir cette pièce ? C’est en fait un passage de Clovis Cornillac au journal télévisé qui m’a donné envie d'aller le voir. Il est 20h15, c’est la fin de semaine (vendredi 17 janvier). Le métro m’entraîne jusqu’à Trinité Saint-Etienne d’Orves. Je sors, il fait bon en cette mi-janvier. Je retrouve mes amies et découvre le Petit Théâtre de Paris où je ne m’étais jamais rendue. On monte les escaliers et on s'installe dans nos fauteuils. La salle est pleine. La pièce commence en retard. De l’extinction des projecteurs jusqu’à leur rallumage, en l’espace d’une heure et demie, mon attention n’a connu aucune relâche. Je fus "scotchée" ! Le "pitch" est très simple : Clovis Cornillac joue le rôle d’un homme à l'aube de ses quarante-et-un ans, fonctionnaire contrebassiste à l’Orchestre National, payé au mois pour une somme modique. Il vit seul, dans un appartement bien insonorisé, et est amoureux de Sarah, une soprano entiché d'un bureaucrate. Sur la base de cette histoire, un quasi-dialogue  s'instaure avec le public : quasi-dialogue bien sûr car le public ne peut répondre. L’acteur nous demande notre avis, nous raconte sa vie, en investissant la scène avec force dynamisme. Nous, public, sommes complètement embarqués dans son univers fait de disques, de cuisine, d'absorption massive de bières fraîches qu’il sort de son réfrigérateur... La plupart du temps, c’est rires dans la salle ! Parfois, son grain de folie fait irruption. D'autres fois, c'est son émotion qui affleure : "jamais, moi contrebassite dans les derniers rangs de l’orchestre je n’arriverais à conquérir ma belle Sarah" [propos déformés je précise! car ma mémoire me fait défaut]. Le jeu de l'acteur est fabuleux : Cornillac alterne les moments intenses, au rythme rapide, avec d'autres, plus calmes. Il peut bondir en écoutant de la musique! Il peut crier sur scène! Pour mon plus grand plaisir. Clovis Cornillac est grandiose dans ce spectacle. J'en suis ressortie avec 1/ un auteur à découvrir hormis son livre Le parfum (trait d'humour! = je me suis toujours acharnée à le lire sans jamais réussir à le finir tant il ne me passionne pas) 2/ il faut que je me procure le prélude de la Walkyrie qu'il a fait écouter sur son tourne-disque 3/enfin et surtout, un acteur à aller voir au cinéma en oubliant mes préjugés : j'ai découvert un Clovis Cornillac comme jamais je ne l'ai vu, dans une forme olympique, pas le loser habituel qu'il incarne souvent dans les films français. Pourquoi lui confie-t'on toujours ce genre de rôles ? Pourquoi accepte-t'il ? Vaste question. Il vaut mieux que cela, à mon humble avis. A très bientôt, courez au Petit Théâtre de Paris, vous passerez un de ces moments culturels que l'on n'oublie pas!

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