J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
mercredi 11 décembre 2013
Bonjour à tous ! J’avais très envie
d’aller voir deux expositions qui sont dans des galeries très proches
géographiquement : celle d’Emmanuel Perrotin où sont exposés notamment ces
jours des travaux de Sophie Calle que j’adore pour son travail sur la
narration, et la galerie LJ où je voulais découvrir l’œuvre de Swoon. Chose
dite chose faite : ce soir à la nuit tombée je me suis rendue dans le
quartier du Cirque d’Hiver.
J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
J’ai commencé mon tour par le numéro 10 de l’impasse Saint-Claude. L’exposition personnelle de Sophie Calle (« Dérobés ») réunit deux séries : « Tableaux dérobés » et « Que voyez-vous ? » ainsi que l’œuvre « Le Major Davel ». De l’évocation émouvante de sa mère, disparue, à des lettres de rupture amoureuse, Sophie Calle a toujours le chic pour tresser des histoires vraies ou supposées telles. Entre photographie arty et littérature nourrie d’autofiction, elle poursuit sa quête à la galerie Perrotin avec une troublante série de photographies et de textes évoquant, cette fois, des tableaux célèbres dérobés dans des musées et dont il ne reste que le cadre et une maigre photocopie de consolation. Rapportant les réponses humbles et touchantes posées à des quidam à la question « Que voyez-vous ? », Sophie Calle touche les yeux et le cœur de chacun : c’est parfait. Swoon, elle, investit la galerie LJ à quelques pas de l’impasse Saint Claude, au n°12 de la rue Commines. Si vous passez par là, rendez vous dans ce lieu singulier, méconnu, où les galeristes, accueillants, échangeront facilement quelques mots avec vous pour vous présenter les œuvres exposées et le parcours de l’artiste. Dans le cas qui nous occupe, Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est une artiste américaine née à New London dans le Connecticut en 1978, mais qui a grandi à Daytona Beach en Floride. Elle a ensuite vécu dans la rue à New York où elle faisait du street art. Repérée dans les années 2000 (la date exacte m’échappe !) par des galeristes américains, elle commence à proposer ses œuvres sur le marché de l’art et sa belle histoire commence. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Brooklyn. L’exposition à la galerie parisienne LJ se présente sous la forme d’une installation in situ. Les œuvres sont des portraits des gens qu’elle rencontre au cours de ses voyages. Ce ne sont ni des peintures ni des sculptures, mais des découpages en papier (du mylar, un papier indéchirable) qu’elle fait tenir debout par d’invisibles ficelles reliant certains points des œuvres au plafond. Ce qui m’a frappé est l’aspect très dessiné des personnages d’une part, et la féérie végétale et animale déployée autour de ces personnages d'autre part, plus grouillante et traduite par de petits traits nerveux : insectes, reptiles, plantes exotiques occupent l’espace et ce monde fantasmagorique s’étale à terre, s’avachit au sol, tel un ensemble de racines plongeant dans les profondeurs de l'humus. La maîtrise technique de l’artiste américaine m’a aussi envoûtée : elle découpe la silhouette de ses personnages, mais également des motifs intégrés dans l’œuvre (si on regarde le dos des œuvres on constate que plusieurs parties en papier se chevauchent) : à l’aide d’un cutter ou d’un laser pour les plus fins détails, Swoon creuse dans la matière comme une dentelière. Les murs sont aussi investis par l’artiste où grimpent des choses abstraites, toiles d’araignées ou masques tribaux ? Cette exposition m’a beaucoup plu. Le 11 janvier 2014, la galerie cèdera la place à un(e) autre artiste. Swoon, elle, présentera alors sa première exposition personnelle au Brooklyn Museum.
jeudi 5 décembre 2013
Jeudi 5 décembre 2013 : il est
23h30. J’apprends la mort de Nelson Mandela devant mon poste de télévision.
L’émotion est très forte. Pourtant, je le savais affaibli. Ses derniers
bulletins de santé n’étaient pas optimistes. Je me remémore sa dernière apparition
publique lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football en
2010 en Afrique du Sud. Assis sur une voiturette, il adressa quelques signes de
la main à la foule. Apparition éclair, pour ne pas fatiguer l’ancien Président.
Pour moi, qui fais partie des jeunes générations nées dans les années 1980,
celui que l’on surnommait Madiba est bien sûr le symbole de la lutte
anti-apartheid, un problème auquel je m’étais intéressé tôt. Je me rappelle
plus particulièrement d’un film vu dans ma jeunesse, une adaptation
cinématographique d’Une saison blanche et sèche, le libre d’André Brink : un
film poignant qui montre le combat acharné d’un homme engagé dans la lutte
anti-apartheid, ce qui lui vaudra la perte de la vie. La lutte de Nelson
Mandela aura été celle de l’arrêt des violences entre communautés dans son
pays, au prix d’un emprisonnement durant vingt-sept ans dans les geôles de
Robben Island. Sorti de prison, en 1994 il est élu président de la République
sud-africaine, juste après avoir obtenu le prix Nobel de la paix avec De Klerk.
C’est une très grande figure qui oeuvrait pour la paix dans le monde qui
disparaît. Je l'érige au Panthéon des grands hommes qui se sont battus pour
l’humanité toute entière, tels que Martin Luther King aux Etats-Unis. Le combat
de ces grandes figures m’inspire : j’admire les gens qui ont des convictions à
contre-courant de la pensée unique et qui les défendent haut et fort au nom
d’idéaux qui servent l’intérêt général. Si la politique est le meilleur levier
à l'action, je crois par ailleurs qu'à une plus petite échelle, l’art (sous
toutes ses formes), parce qu’il est un langage universel qui peut parler à tout
le monde, à tous les peuples pour peu que ceux-ci aient accès à l’information,
transcende les cultures et comme le sport de haut niveau, peut être le messager
de la paix. Il peut être le vecteur de l'idée de l'égalité entre les individus
dans le monde, et renforcer la cohésion sociale. Le photographe Yann
Arthus-Bertrand a présenté il y a quelques années au Grand Palais une
exposition, Six milliards d’autres, présentant un nombre considérable de
courtes vidéos où l’on voyait des personnes narrer leur vie, leurs goûts, leurs
angoisses, et ce aux quatre coins du globe. Parce que les préoccupations de
chacun étaient finalement très similaires, le visiteur se rendait compte que
l’être humain où qu’il soit recherche les mêmes moteurs pour le faire avancer,
peut avoir les mêmes joies et peines. Une autre figure française interpelle mon
sens du militantisme pour les droits de l’Homme : Plantu. Ayant créé une
association Cartooning for Peace, (Dessiner pour la paix) il entend par ce
biais, en l’occurrence la collaboration avec des dessinateurs du monde entier
et de tous bords politiques, éclairer de différents regards les problématiques
du monde d’aujourd’hui, ses conflits, ses différences culturelles et politiques
qui sont évidemment un frein pour l’avancement des civilisations. Mon regard
sur son initiative est plein d'enthousiasme : dessiner, caricaturer avec un
humour décapant est un puissant moyen d’expression pour faire vivre l’idée du
vivre-ensemble et de la tolérance. La mort de Nelson Mandela est une perte
considérable. Son courage, sa détermination, tout ce qu’il a fait pour son
peuple est exceptionnel. Le jeudi 5 décembre 2013 est une date historique pour
l’humanité entière.
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