mardi 28 mai 2013

Chers lecteurs,
Il y a quelque chose s'en est allé un grand homme, pour qui les jeunes générations cependant s'intéressent peu, hormis peut-être quelque chanteur de slam en mal de succès. Georges Moustaki fait partie de ces rares auteurs-compositeurs-interprètes, trop rares, qui surent apporter à la chanson ce qu'un écrivain peut à l'inverse apporter à un texte : il a capté les rêves et les illusions de son époque, et les a délivrées avec un sens de la subtilité aujourd'hui perdues, oui perdues, dans la chanson française. La musique, elle, était celle d'un chanteur dans la veine de ceux qui savent mieux composer écrire que chanter. A Paris, nous ne sommes ni à Londres, ni à Los Angeles, bénie soit la France malgré tout. A réécouter le métèque, j'ai peine à me remémorer une scène vécue dans le Marais il y a deux-trois ans peut-être : il se promenait, tout doucement, seul, dans la rue, sans doute près de son appartement situé tout en haut d'un immeuble sous les toits, d'où il avait donné une interview télévisée peu de temps auparavant. Il y finissait sa vie, dans les souvenirs d'une vie passée, sûrement plus riche de menues et simples choses que de flonflons.
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai accueillie la nouvelle de sa mort, et irai, comme je l'ai fait pour de nombreux artistes que j'aime, le voir reposer en sa dernière demeure.